Et si le corps était un temple de mémoire sacrée ?
Et si, à un certain passage de la vie, le corps des femmes s’éveillait pour rappeler une mission ancienne, inscrite bien au-delà du mental ?
Le corps sait. Il se souvient. Il parle lorsque l’âme appelle.
À l’adolescence, l’énergie circule vers l’extérieur : la découverte de soi, l’attraction, l’élan de vie, la reconnaissance à travers le regard de l’autre. Puis vient l’âge de la création : porter, nourrir, protéger, transmettre. Les enfants deviennent le centre, les gardiens d’un futur encore fragile. L’énergie est alors tournée vers l’accompagnement, l’enseignement, la construction.
Et un jour, le cycle change.
Les enfants prennent leur envol. Le nid se vide. L’énergie qui se projetait vers l’extérieur revient frapper à la porte intérieure. C’est souvent à ce moment que les chaleurs apparaissent.
Spirituellement, ces chaleurs ne sont pas un dérèglement, mais un feu. Un feu alchimique.
Autrefois, ce feu était reconnu. Les femmes entraient dans l’âge de la sagesse. Elles devenaient les porteuses de mémoire, les intermédiaires entre les mondes, les gardiennes du savoir invisible. Elles incarnaient la voix des ancêtres, la compréhension profonde des cycles, la médecine du cœur et de l’esprit. Leur présence seule suffisait à apaiser, à orienter, à rappeler le sens.
Aujourd’hui, ce passage n’est plus honoré.
Depuis près d’un siècle, les femmes traversent ce seuil sans reconnaissance, sans rituel, sans espace sacré pour déposer ce qu’elles portent. L’âme sait pourtant que quelque chose doit être offert, transmis, partagé.
Alors le corps s’exprime.
Il transpire ce qui ne circule plus. Il libère l’énergie de la sagesse retenue. Il évacue ce qui demande à être donné au monde. Ce n’est pas une faiblesse, mais un appel.
Ces femmes sont des sources. Des femmes-médecines. Des femmes-sourcières.
Elles portent en elles une abondance d’expériences, de compréhensions, de guérisons possibles. Mais sans cercle, sans communauté, sans oreille attentive, cette richesse devient lourde à contenir.
L’esprit s’échauffe lorsque la parole est bloquée. Le corps brûle lorsque l’âme n’a plus de canal.
Cette révélation m’est venue une nuit, portée par une chaleur intense. Dans cette transpiration, j’ai compris que ce feu n’était pas à combattre, mais à écouter. Il demandait un espace. Il demandait une offrande.
Pour celles qui n’ont pas eu d’enfants, le chemin est différent. La transmission s’est vécue autrement : à travers l’œuvre, la création, le service, le chemin personnel. Le feu s’est transformé différemment, parfois plus silencieusement.
Mais lorsque nous portons un héritage vivant, lorsqu’une sagesse attend d’être déposée dans le monde, le corps réclame que cela se fasse.
Alors posez-vous cette question sacrée :
Depuis quand votre parole est-elle retenue ? Depuis quand votre sagesse n’a-t-elle plus d’espace pour circuler ?
Le jour où vous reconnaîtrez ce feu comme une initiation, et non comme un fardeau, le corps n’aura peut-être plus besoin de crier.
Car lorsque la sagesse est honorée, le feu devient lumière.